CE QUE JE DIS... une trace sur le sable

Écriture et création sonore : Guillaume VERIN

Mise en scène et adaptation dramaturgique : Maud CURASSIER

Interprétation : Guillaume VERIN et Maud CURASSIER

 

Prochaine date :

vendredi 31 janvier 2020 - 20h - MPT M. Mercouri à Montpellier

sortie de résidence

Le contexte de création

Au foyer d'accueil des MNA à Montpellier, les jeunes migrants passent cinq jours durant lesquels ils racontent leur parcours et deviennent quelqu'un aux yeux de l'administration française. Ils deviennent des personnes avec un nom, un pays, une famille et une histoire. Ils espèrent une reconnaissance et une prise en charge de l'état, même s'ils doivent mentir pour ça et risquer une amende ou la prison.

 

J'ai eu accès à des évaluations de jeunes migrants, j'y ai découvert des récits extraordinaires. Cela m'a paru évident, il fallait en faire quelque chose ; diffuser ces témoignages, en faire un objet théâtral.

Tout y est : les personnages, les ambiances, les problématiques familiales, les rêves, les peurs... et leurs parcours respectifs. Je suis allé à la rencontre de ces jeunes au sein du foyer qui les accueille à Montpellier. Dans ce lieu missionné par l’État pour

« accueillir » et « évaluer », j'ai passé plusieurs jours, partagé des moments de leur quotidien et participé à certains entretiens. De cette « sélection » de « qui reste et qui repart », des questionnements et tensions remontent. Quel est notre devoir personnel et quel est le devoir de l’État, de l'Europe alors que ce sont les lois de la solidarité même qui sont remises en question ("le délit de solidarité")?

 

Loin de donner des réponses, le travail qui est ici proposé est une invitation au voyage, à oser parler, dire, voir l'humain dans ce qu'il a de pire et de meilleur.

 

Note d’intention

Parler de ceux qui n'ont pas les moyens, qui n'ont pas la langue, qui n'ont pas le droit : ce spectacle est un récit de voyage, deux aventures avec tout ce qu'elles comportent de dangers et de découvertes, un jeune Ivoirien et un Guinéen qui fuient leur fatalité, qui fuient le rejet de leur famille pour se donner une chance d'avoir une chance. Leur histoire ressemble à celle de beaucoup d'autres selon les médias, ici on plonge dans deux d'entre elles, deux « aventures » uniques, singulières et terriblement banales. Parler aussi des travailleurs sociaux qui se trouvent sur leur chemin à ce moment-là, ceux qui les voient arriver et repartir par dizaine : derrière les articles de loi sur la prise en charge des mineurs isolés, les éducateurs sont confrontés à un devoir de sélection qui outrepasse leur champ d'intervention. Face à ça, ils tentent d'apporter une réponse sociale, éducative et plus humaine à cette mission. Quel est le sens de tout ça ? Comment vivre ce travail quand on est critiqués sur tous les fronts ? D'un côté par ceux qui pensent qu'on accueille trop, « la peur de l'invasion » et de l'autre par ceux, au contraire, qui pensent qu’on n’accueille pas assez, que nos politiques d'immigrations sont un déni d'humanité. En attendant, au foyer de L'Avitarelle, l'équipe redouble d'imagination, s'investit pour que ces cinq jours, ici et maintenant, ne soient pas vains, nourrissent un espoir, laissent une trace.

 

Le comédien, conte, interprète, crée des univers sonores, s'appuie sur les entretiens, les médias, puis s'en évade. Le spectacle « Ce que je dis » entremêle imaginaire, poésie et vérité crue.

 

« Je veux marcher dans leurs pas ou ce que j'imagine être leur pas, faire que leur empreinte reste... Ce spectacle est construit sur des témoignages mais aussi sur les fabulations d'un esprit européen compatissant. Je souhaite que le langage soit simple, essentiel et parle à tous. »

                                                                                                                                 Guillaume VERIN

 

- SPECTACLE CONÇUT POUR JOUER EN INTÉRIEUR UNIQUEMENT -

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