L’HÉRITIER DE VILLAGE                 de Marivaux

adaptation et mise en scène de Sébastien Lagord

Prochaines dates :

du 14/07 au 29/08/2020 - 21h30 - Grand Site de France de l'Aven d'Orgnac (07)

relâche les dimanches et lundis

Réservations possibles à partir du 1er juillet 2020


Après Shakespeare, Feydeau et Goldoni, je poursuis ma collaboration artistique avec Athome Théâtre, cette troupe de comédiens, musiciens, techniciens…. Nous marchons de concert sur la même route, tracée il y a de cela plusieurs décennies par des personnes dont la mémoire reste bien vivante dans mon esprit : Jacques Copeau, Charles Dullin, Louis Jouvet, Georges et Ludmilla Pitoëff, Jeanne Laurent, Jean Vilar et tant d’autres.

 

Mettre en scène une pièce de Marivaux est un beau défi à relever en cette année 2020. Marivaux est un auteur de comédie populaire, selon Jean Vilar ou Didier Besace. Populaire car il parle à tous en parlant au cœur humain de ses mouvements, de ses raisons, de sa folie.

 

Nous avons décidé de jouer une pièce en un acte, peu connue de Marivaux, « L’héritier de Village ».

Il s’agira d’une adaptation. On ne jouera pas la pièce dans le contexte historique de sa création.

J’adapte les classiques dans le seul but de réactiver leur pertinence. 

 

L’histoire ne se passe plus en France au XVIIIème siècle mais dans le Bayou, en Louisiane, pendant la grande dépression de 1929. Il y a d’énormes similitudes entre ces deux espaces et ces deux temporalités. En 1720, la France est touchée par la banqueroute de Law. Marivaux en sera une des victimes. Aux États-Unis en 1929, c’est le début de la crise économique qui va avoir des répercutions jusqu’en Europe.

 

Notre histoire d’héritier de village se situe donc dans une situation de crise économique, qui peut aussi nous rappeler certaines de nos crises actuelles. Le thème majeur de la pièce, c’est l’argent. Les protagonistes de la pièce : Blaise, Claudine et leurs enfants Colin et Colette se retrouvent associés au Chevalier et à Dame Damis, ruinés par la crise économique. Associés juste le temps de s’apercevoir que l’héritage de Blaise s’est envolé. Ces pauvres se sont crus pour un moment (un songe ?) riches. Ceux qui appartenaient à la caste dite supérieure, contraint par la récession à négocier avec la plèbe, sont prêts à tout pour retrouver les bonnes grâces du dieu monétaire. Mais ils ne voient pas que le bonheur réside peut- être dans une simplicité de sentiments et non dans la possession matérielle.

 

Marivaux n’est pas révolutionnaire. Il ne prône pas un changement de société. Mais Il est subversif. Tel un scientifique de laboratoire, il met en présence des éléments à étudier dont il change les caractéristiques et note ce qu’il se passe. A la fin de l’expérience, tout est revenu à sa position initiale. Mais pour l’époque, cela donne à réfléchir.

 

Marivaux joue avec le langage. Dans ses pièces de théâtre, le langage est le moteur de l’action.  Dans « L’héritier de village », chose assez rare dans les pièces classiques, les pauvres tiennent les premiers rôles avec leur propre langage. Le langage est un des premiers marqueurs sociaux. Ici le dramaturge s’amuse avec un langage populaire confronté à celui de la classe dominante. Cette façon de parler en devient poétique et donne aux scènes jouées une énergie vivifiante. Les riches et les pauvres s’opposent par leur façon de parler qui est le reflet de leur façon de penser.

                                                                                                                                        

C’est aussi pour cette raison linguistique que je place l’action en Louisiane, chez les Cadiens. Le Cadien est une langue composée du français classique du XVIIème siècle mêlé de créole. Vers la fin du XIXième et début du XXième siècle, la culture cadienne et sa langue sont devenues objet de dérision alors que la société anglo-américaine est devenue le symbole de la réussite sociale. Les Cadiens se contentaient de peu de biens matériels, même jusqu'au milieu du XXe siècle, par opposition à la culture matérialiste américaine.

 

Afin d’agrémenter cette comédie, nous allons la rythmer par la musique cadienne, forme de musique francophone traditionnelle de Louisiane aux influences multiples (folk, blues, musique créole).

 

C’est une comédie, une farce mettant à mal les comportements sociaux. Marivaux aime à changer les rôles : les maîtres se déguisent en valet et les valets en maîtres. Dans notre spectacle, le comique émane de ce que les pauvres vont essayer de singer les riches et de ce fait, mettre en relief la stupidité du comportement de ces derniers.

 

Dans cette adaptation, je rajoute un personnage qui va permettre de donner plus d’ampleur à la pièce et aussi plus de jeu : le personnage de la radio. 

 

La radio sera présente tout au long de la pièce. Elle sera en direct. Le programme radiophonique sera composé de chansons, de réclames et d’informations des années trente. Elle sert de toile de fond à notre histoire. Une histoire qui se déroule dans un temps où le système capitaliste mettait à mal toute une partie de la population du monde occidental.

 

Toute ressemblance avec des personnes ou des faits réels qui pourraient se rattacher à cette fiction seraient purement fortuits.

 

                                                                                                   Sébastien Lagord, metteur en scène

Les partenaires de cette création : les villes de Montpellier, Mauguio-Carnon, Mèze et Juvignac (34), Orgnac l'Aven, le Grand site de France de l'Aven d'Orgnac (07) et le département de l'Ardèche.

- CE SPECTACLE PEUT ÊTRE JOUÉ EN INTÉRIEUR ET EN EXTÉRIEUR -


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